petits riens









La drêve de Chevetogne.
jpol.




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Ce soir,
Comme tous les soirs, j'ai grignoté du chocolat noir. Comme tous les dimanches , hier, je me suis perdue dans la drêve et me suis rêvée légère et lourde aux milieux des feuilles de là-bas. J'ai regardé les encres de Dotremont, me suis posée au centre de celles de Fabienne Verdier, il y avait des roches, des souches, des sources, de la neige, le bruissement des feuilles sèches. Ce soir, je me suis souvenue d'un parasol, soulevé loin au dessus de nos têtes et qui d'un bond nous avait appris votre vent avant de nous rappeler la terre. Ce soir , je savoure l'amer d'une bière blanche et les mots d' Achille Savée "Je suis un vieux peau-rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne". Ce soir, ma fille remarque que l'hexagone serait bien étrange avec la Wallonie ajoutée. Ce soir, mon elfe a découvert Le plat Pays de Brel et Nantes de Barbara.
Ce soir ici et votre soir là-bas.
Pol
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J’hésite, à mesure que la crise s’enlise ici, à vous dire, ma chère amie, les vertus de nos gens. Les écrivains un instant encore pour revenir sur Chavée. Poète divin ? Donc du vin. Qui lit au fond du verre la lie. Les écrivailleurs d’ici bien plus que de pratiquer l’alcoolisme mondain qui sied aux salons où l’on cause, pratiquent l’alcoolisme mondial. Assoiffés de tout ce qui mouille les lèvres ardemment, pique le palais sauvagement,, racle la gorge au couteau aiguisé. Ceux là même qui, entre deux mots de tête, se remettent en s’enrobant le gosier de la mousse épaisse des trappistes, se gargarisent de l’amertume des fortes, des lourdes, préférant les robes ambrées aux robes enlevées.Mon verre à la santé de Pirotte.Compte-rendu d’une soirée avec l’auteur.(extraits)« Je suis un écrivain français d’origine wallonne, avec tous ses particularismes d’origine. Parce que la Belgique n’a pas beaucoup d’existence. Je ne suis pas écrivain francophone. Nous n’écrivons pas en occitan, nous n’écrivons pas en belge. La France à oublié que la littérature ne se fait pas qu’à Paris. C’est la langue qui conduit celui qui écrit. L’écrivain cherche à être honnête avec son chant profond. Ce que cherche l’écrivain c’est le ton, une sonorité. « C’est peut-être un signe de paresse, je n’aime pas le travail obligé. Je ne travaille pas, je suis travaillé, disait Perros. Au début d’un livre, je ne sais pas où je vais. Les romanciers construisent un monde, moi j’en suis incapable. Les personnages sont toujours à peu près les mêmes. On dit : c’est moi, en gros. »« Seule la musique éloigne de la mort » qui enchaîne : « La musique, c’est le temps ; mais c’est aussi le temps suspendu. Écrire c’est aller vers sa mort. Peindre moins. La musique ce sont les moments fétiches de la vie.»« Et puis il y a l’oreille. Pour les poèmes, je lis parfois à voix haute. Mais c’est quand même une affaire de sens. Si on se prive de sens on devient lettriste et c’est bien triste de devenir lettriste. » La soirée se termine par une dégustation de quelques bouteilles amenées par l’auteur. Vous voyez, chère amie, La dernière phrase de mon message est la dernière de ce compte-rendu publié en septembre 2006. Grisez-vous à ses pages. Santé.
Jpol