Grottes de han, régression?


Grottes de Han.
R.




Les émerveillements sont souvenir d’enfance, graphes qui s’élancent en sentiment étonnés.
Je ne sais pour quoi se lient en ce soir des réminiscences de feux d’artifice, des logogrammes de Dotremont et les grottes de Han. Etrange mélange …

Lorsque je vous vis, vous avez manifesté votre surprise devant mon admiration au retour des grottes de Han.

Je revenais de l’enfance les yeux étoilés.

Chaque séjour dans chaque grotte est re-passage dans un monde de régression. Ah bien sûr, je peux vous tenir des discours géologiques sur les stalactites, les drapées, les sels minéraux qui leur donnent couleurs, les bactéries, le débit de l’eau… Mais est-ce vraiment cela qui ralenti notre pas, nous fait les yeux écarquillés, bouche entrouverte dans un arrondi béat, à cours de mots ?
Un chemin qui s’ouvre sur de si vastes salles que nous ne ressentons plus d’échos, l’eau de la Lesse qui nous accompagne, la température égale, tout cela me ramena à un calme primitif. L’intelligente animation son et lumière ne fit que renforcer cet état régressif dans de déconcertantes sensations visuelles et auditives. La géologie fait que la ballade se clôt par un court voyage en barque. Et la sortie ? …ponctuée d’un symbolique coup de canon !

Je revenais de l’enfance…

A vous,en votre beau pays.
Pol
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Ah, très chère, ma dernière traversée des grottes remonte à deux ans. Au milieu de l’été. La canicule dehors et ces quelques degrés à peine, permanents, figés à l’intérieur, sous le sol.J’y avais écouté trois concerts dans autant de salles. Transi de froid, écrasé par les gouttes épaisses qui vous tombent dessus d’on ne sait où... Souvenir vague de musiques orientales et d’instruments lointains. Sans plus. Je n’ai pas l’amour de ces lieux et ils me le rendent bien. En cours de visite, l’autre année, le courant s’est coupé. J’ai vu le vrai noir. L’oeil ne s’y habitue même pas. Ouvrir grands les yeux et ne voir que le rien profond. Troublants instants qui empêchent même le corps de commettre le moindre geste. paralysé par le rien. Hésitant devant la plus petite initiative à prendre. Ici, les grottes sont le dedans permanent du territoire, les boursouflures en creux, nos montagnes intérieures. La Lesse en a creusé des dizaines. Chaque fois qu’elle s’engouffre sous terre, elle rogne, griffe, gratte la pierre. Elle resurgit quelques centaines de mètres plus loin, insolente, amusée par son travail. Nous avons déjà parlé des nutons qui peuplent ces lieux secrets.Soyons clairs, je préfère aux grottes de Han celles de Crupet. Sans liens fraternels certes mais chargées de ce pouvoir populaire qui déraille et défaille. Artificielles et prétentieuses, proches de l’art brut et, sans nul doute, enfoncées dans le plus kitsch des rêves. L’abbé Gérard a imposé à ses ouailles le travail dominical, au milieu du siècle dernier, pour dresser cet amas de pierres... Il a imposé une statuaire démesurée de Vaucouleurs qu’il a fallu pourtant repeindre, il y a quelques mois à peine. On ne sait en grimpant d’une voûte à l’autre, d’une station à l’autre, s’il faut rire ou prier. A dix kilomètres à peine, tout aussi subtilement anachronique et caricatural, le site de Conneux fait aussi bien dans le genre. Chemin de croix sous alcôve. Les mêmes couleurs palpables, le même fourre-tout populaire et béni.Bonheur de vous voir citer Dotremont. Je vous sais capable de traîner dans ses pas. Encres.
Jpol.