Potagers...


Potager, le quai, Dinant.
Pol


Vous rappelez-vous les potagers d'ici ? Ils furent lieu de rencontres de nos influences mêlées.

La terre se transmet et s'hérite.

Il me rassure d'apercevoir derrière les sages haies des jardins, de ce qui est ici lotissement, les terres bêchées en carrés ou allées, les hélices des tuteurs à tomates, les aromates et les soucis orangés.
Il me rassure puisque finalement, au décours de ce long exode rural, de ces arrachements terrestres, de cette pauvreté fuie, des ces immenses paris sur l'avenir , nous redécouvrons les gestes de ceux qui derrière nous ont cru en ce futur possible.

Il me rassure ce petit bout de terre.

A vous, en votre beau pays,

Pol.
.
.
.
Très chère,
Rassurez-vous un moment encore.
Demain, au petit jour, je prends le chemin (de fer) vers la capitale. Je vais, après un trajet d’une bonne heure et demie, entrer en gare de Bruxelles nord. A quelques centaines de mètres des quais de la station vieillissante, le train va, comme à chaque fois, ralentir; s’immobiliser presque, à l’approche des aiguillages de la gare de formation de Schaerbeek. Là, pendant quelques instants, au milieu de la capitale de l’Europe, dans une courbe large, les lourds wagons vont glisser sur le bord des jardins ouvriers d’un quartier populaire orgueilleux. A pas d’homme, glisser si doucement que chaque voyageur un peu curieux va pouvoir, de son siège, apercevoir comme chaque jour, le choux grossir et le poireau se dresser.
Lors de mon dernier voyage, il y avait, au milieu des carrés de légumes, quatre chaises autour d’une table. Dépareillées, les chaises; en plastic blanc, la table. Sur les chaises et autour de la table, trois hommes et une femme. Insouciants, semble-t-il, vus du train ainsi. J’ai souris, complice de ces gens heureux dans le soleil clair de la fin du mois d’août. A peine le temps de compter les légumes qu’ils s’échangeaient. A peine le temps d’avoir envie de ce paisible abandon.
Demain, je verrai l’urgence des récoltes, les promesses de fruits, les mannes de légumes. Je vous dirai, à mon retour, ce qu’il faut encore, là, cueillir et couper.
Jpol

1 commentaires:

jpol a dit…

Très chère,
Rassurez-vous un moment encore.
Demain, au petit jour, je prends le chemin (de fer) vers la capitale. Je vais, après un trajet d’une bonne heure et demie, entrer en gare de Bruxelles nord. A quelques centaines de mètres des quais de la station vieillissante.
Le train va, comme à chaque fois, ralentir; s’immobiliser presque, à l’approche des aiguillages de la gare de formation de Schaerbeek. Là, pendant quelques instants, au milieu de la capitale de l’Europe, dans une courbe large, les lourds wagons vont glisser sur le bord des jardins ouvriers d’un quartier populaire orgueilleux. A pas d’homme, glisser si doucement que chaque voyageur un peu curieux va pouvoir, de son siège, apercevoir comme chaque jour, le choux grossir et le poireau se dresser.
Lors de mon dernier voyage, il y avait, au milieu des carrés de légumes, quatre chaises autour d’une table. Dépareillées, les chaises; en plastic blanc, la table. Sur les chaises et autour de la table, trois hommes et une femme. Insouciants, semble-t-il, vus du train ainsi. J’ai souris, complice de ces gens heureux dans le soleil clair de la fin du mois d’août. A peine le temps de compter les légumes qu’ils s’échangeaient. A peine le temps d’avoir envie de ce paisible abandon. Demain, je verrai l’urgence des récoltes, les promesses de fruits, les mannes de légumes. Je vous dirai, à mon retour, ce qu’il faut encore, là, cueillir et couper.